La Tour-clocher en partie du XIII ème siécle

 

 

 

La Tour 

partie du XIII ème siècle

 

   

Fenêtre à coussiège (bancs servaient à la veille extérieure et à profiter de la lumière)

 

 

Premier bâtiment du prieuré fortifié à avoir été construit dans les années 1260, la tour de Meillerie se dresse sur la partie la plus haute et la plus reculée du village, de manière à être naturellement défendue par les rochers, mais aussi pour avoir une très large vision sur le haut lac et le grand lac, et in versement pour être visible depuis la rive vaudoise. C’est le prévôt Pierre, ancien prieur de Meillerie, qui pose la première pierre des fondations.

Cette tour ressemble à de nombreuses autres tours médiévales de par ça forme mais aussi de par son organisation « classique ». L’accès à cette tour se fait uniquement par une entrée maçonnée au second étage. A l’intérieur, l’espace est subdivisé en six étages grâce à des planchers reposant sur des ressauts dans les murs, ainsi que des grosses poutres installées dans la maçonnerie.

Le premier niveau est un cellier, directement installé dans la base de la tour, qui servait à stocker la nourriture et les biens en cas d’attaque. Le second est une prison, où les personnes relevant de la justice du prieuré pouvaient être retenues. Le troisième est l’entrée de la tour. Les quatrième et cinquième niveaux sont des espaces de vie : il existait des latrines dans le mur sud du quatrième niveau (installées du côté des rochers de manière à ne pas fragiliser l’ensemble), et le cinquième niveau était un étage « noble », puisqu’il est percé des deux côtés donnant à l’intérieur du prieuré de belles fenêtres à meneaux sculptés, surmontées d’arcs brisés. De plus, dans les murs sud et ouest de la tour se trouvaient des fenêtres qui donnaient accès à des circulations extérieures (probablement des hourds, qui sont des installations défensives). Enfin le dernier niveau était dédié à la défense du prieuré, avec une archère et deux créneaux par côté, et surmonté par une toiture. Les étages étaient accessibles par des échelles existant entre les étages. A par les deux fenêtres à meneaux, les seules fenêtres de la tour étaient des archères de tuf ; à l’intérieur, ces archères étaient accessibles par de larges baies à coussièges. Il n’existait pas de cheminées, et le seul moyen de se chauffer était de petits braséros transportables.

Cette tour, située dans l’angle sud-ouest du prieuré, était reliée au bâtiment conventuel ainsi qu’à l’église par d’importantes murailles percées d’archères, et protégeait plus particulièrement la porte d’entrée du prieuré, située dans la muraille ouest.

Au XVIIIème siècle, la nécessité de posséder une tour de défense se faisant moins sentir dans la région, des travaux d’aménagements sont réalisés dans la tour. Le prieur Mouvilliat fait construire des escaliers maçonnés menant jusqu’à l’entrée de la tour depuis la cour. De plus, il fait construire un escalier en bois dans l’angle nord-ouest de la tour, ainsi que quatre voûtes dans les étages supérieurs. Les marches de cet escalier s’emboitent au centre dans deux grands troncs taillés, et de l’autre directement dans la maçonnerie. La date « 1710 » est inscrite en haut du second tronc. A cause de la construction de ces voûtes et de cet escalier de bois, de nombreuses archères doivent être modifiées voir même détruites, de manière à laisser entrer la lumière dans les deux nouveaux espaces que sont les pièces et l’escalier.

A la Révolution française, la tour est menacée par les lois d’Albitte, qui exige la destruction des tours et des clochers. Mais la résistance des conseillers municipaux de Thollon (dont Meillerie fait partie à cette époque), et leurs nombreux arguments (la maçonnerie trop épaisse pour être détruite, l’utilité des cloches servant à appeler la population en cas de danger, et le rôle de phare de la tour pour les bateaux par temps brumeux) permettent à la tour de Meillerie de demeurer intacte.

Enfin, lors de la construction de la nef moderne à partir des années 1820, la tour de défense perd définitivement son aspect fortifié : une haute porte est percée à la base de la tour, de manière à entrer directement depuis la nef, tandis que la partie supérieure de la tour est démolie pour installer les cloches et une nouvelle charpente.

                                                                                                                                                                                                                                  S.B.

 

                       

 

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Le clocher

partie du XIX ème siècle

 

Détails d’une des trois cloches : la Marie-Eugénie

 

Détail des colombettes de la cloche, à visage humain

 

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Mécanisme de l’horloge de 1874

 

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