Saint Bernard

 

Histoire de Saint Bernard de Montjoux

 

Mort en 1081 ou 1086, saint Bernard de Montjoux est issu d’une famille noble. Traditionnellement, on le dit originaire de Menthon, près d’Annecy (dont le château est conservé). Quaglia, se basant sur les recherches d’un historien italien, suggère qu’il pourrait avoir eu un lien de parenté avec la reine Ermengarde, et avec le premier comte de Savoie Humbert aux Blanches mains. Quoi qu’il en soit, Bernard devint membre du chapitre d’Aoste, et fut rapidement promu archidiacre. Il fit construire vers la moitié du XIème siècle les monastères du Grand et du Petit Saint-Bernard. C’était un prédicateur itinérant. Il mourut à Novare, et fut inscrit au catalogue des saints en 1123. En 1923, le pape Pie XI le donna comme saint patron aux habitants des Alpes et aux alpinistes.

D’après la légende de saint Bernard de Menthon, qui existe depuis le XVème siècle, saint Bernard serait monté en haut des cols et aurait détruit des restes de cultes païens (statue de Jupiter, et colonne romaine), avant de chasser le diable. Il faut voir ici une référence à l’action du saint ayant sécurisé le passage des cols et établi deux nouveaux monastères.

Cette légende est représentée sur un tableau qui se trouve installé dans le chœur de Meillerie. D’après les archives du Grand Saint-Bernard, ce tableau aurait été réalisé par un certain M. Bovard pour orner un autel à saint Bernard érigé dans l’église en 1716. Il représente le saint vêtu de blanc, portant une chape rouge à l’extérieur et verte à l’intérieur. Il tient son étole bleue qui se transforme entre ces mains en une longue chaîne enserrant le coup d’un diable représentée sous une forme canine. A sa droite gisent les débris du temple païen qu’il a détruit : des fragments de colonne romaine, et la tête de Jupiter. Derrière le saint, on peut apercevoir un paysage rappelant fortement Meillerie : le prieuré (la tour, les ailes est et nord et la grange à l’Ouest) qui se détache devant des montagnes qui semblent plonger dans une étendue d’eau.

[1] QUAGLIA 1972, p. XXVIII et XXIX. Voir l’arbre généalogique emprunté à C. Patrucco, qui fait de saint Bernard le neveu d’Ermengarde et un cousin d’Humbert aux Blanches Mains.

 

                                                                                                                                                                                  S.B.

 

 

 

 


Histoire du Montjoux

 

Une première église-hospice dédiée à saint Nicolas existait avant 1100 au sommet du Mont-Joux . Suite à la mort de saint Bernard, son nom sera ajouté au vocable de l’église dès 1149. La dotation de cet hospice fut principalement constituée par les comtes de Savoie-Maurienne, et dès 1177, l’église de Saint-Pierre figure dans les textes comme une possession du nouvel hospice, alors que les églises voisines appartiennent à l’évêque de Sion. Les terres ainsi que les droits de cet ancien monastère passèrent tous à l’hospice. Les religieux sont appelés « clercs » vers le milieu du XIIème siècle, puis « chanoines » dès 1191.

Le col étant très fréquenté, « un mouvement général de générosité » permet de lui constituer une dotation importante, avec des biens s’étendant du diocèse de Londres au Sud de l’Italie. Cela nécessite le développement rapide d’une administration pouvant gérer tous ces biens. Il existait une vraie unité entre l’église et ses desservants, puisqu’aucun d’entre eux ne pouvait posséder des biens. Peu à peu, dans les premières décennies du XIIIème siècle, la situation évolue : le prévôt possède son propre seau, puis c’est au tour du chapitre. Dès 1265, il existe trois organes différenciés : le chapitre conventuel et le chapitre général, et le prévôt .

D’après les premières constitutions connues, qui datent de 1438, le chapitre conventuel devait être composé de quinze personnes : le prévôt (à la tête de l’ordre), le prieur conventuel, et d’autres chanoines. Il détenait le pouvoir exécutif, et devait résider dans le lieu principal de la prévôté. C’est lui qui procédait à l’élection du prévôt, et administrait la prévôté en cas de vacance.

Le chapitre général se rassemblait tous les ans, soit le 9 mai (jour de la translation des reliques de saint Nicolas) soit le 28 août, fête de saint Augustin, pour plusieurs jours. Il est présidé par le prévôt, et est le seul propriétaire des biens de la prévôté. Tout acte doit être avalisé par lui.

Très tôt, dés le XIIème siècle, la prévôté est dotée de territoires et de biens (églises ou chapelles), soit par des familles nobles, soit par des évêques. Ces biens se situent dans les diocèses de Genève, Lausanne, Sion, mais aussi Turin, Ivrée, et même Londres. Toutefois, c’est dans la région d’Aoste que les dotations sont les plus nombreuses, principalement grâce au culte de saint Bernard qui y était très important . Cela se reflète par l’importance qu’a alors le prieuré de Saint-Bénin, dont le prieur Nicolas devint prévôt (1222).

Le prévôt de l’hospice administrait le lieu pour le compte du prieur de Bourg-Saint-Pierre, mais l’hospice devenant progressivement plus important que ce monastère, son recteur devint naturellement le premier personnage de l’Ordre . Par la suite, les prévôts ne résidant plus à l’hospice, on y installe un prieur (le premier prieur connut exerçait son activité en 1222). Au début, c’est le prévôt qui était en charge de l’administration de tous les biens de l’hospice, la charge de cellérier n’apparaissant qu’au XVème siècle. Ce personnage s’occupe de la mense de l’hospice, et donc plus particulièrement des fermes comme Meillerie, qui font le plus gros des revenus de l’Hospice : il visite donc ces maisons, et les gouverneurs (ou fermiers) lui rendent compte de leur administration.

A partir de la moitié du XIIIème siècle, les prieurs de Meillerie sont des personnages importants : ils deviennent abbé d’Abondance (Raymond) et prévôts du Grand-Saint-Bernard (Pierre et Martin). C’est ainsi qu’ils décident de déplacer le centre de la prévôté de l’hospice au prieuré de Meillerie, et qu’ils font construire un prieuré fortifié.

[1] QUAGLIA 1972, p. XVI

[1] QUAGLIA 1972, p. 4

[1] QUAGLIA 1972, p. 6

                                                                                                                                                                                      S.B.

 

 

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