Histoire du Prieuré

 

Prieuré de Meillerie                                                  

Catégorie : Prieuré
éléments protégés Monument Historique : église, tour, clocher, chœur 
époque de construction : 13e siècle
historique : A l'emplacement de l'église paroissiale de Meillerie fut fondé au Moyen-âge un prieuré de chanoines réguliers de Saint-Augustin, dépendant de l'hospice du Grand Saint-bernard. Le prieuré conserva son contrôle spirituel et temporel jusqu'à sa suppression en 1752. Les bâtiments consistaient alors en un château et une tour de défense isolée servant de prison. En 1803, l'ancien prieuré est récupéré comme église et presbytère. Une nef est édifiée, reliant l'ancienne chapelle et le beffroi primitif. Les vitraux ayant été brisés en 1822 par un orage, l'oculus et les deux baies géminées du chevet sont murés. De nouveaux vitraux, dus à Jean-Augustin Bessac, sont posés en 1877. La toiture est refaite en 1895, celle du clocher en 2008. Du 13e siècle subsistent le chœur de l'ancienne chapelle et le clocher.
décor : Vitrail
Propriété de la commune
date protection MH : 1990/07/17 : inscrit MH partiellement
Tour-clocher et chœur de l’église (cad. A 1836) : inscription par arrêté du 17 juillet 1990
type d'étude : Recensement immeubles MH
N° notice : PA00118468
© Monuments historiques, 1992

 

 

HISTOIRE DU PRIEURÉ DE MEILLERIE

 

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Probablement fondé au début du XIIème siècle comme nombre d’autres monastères de la région, le premier Prieuré de Meillerie est méconnu. Tout juste sait-on que se sont des chanoines réguliers de saint Augustin, plus tard affiliés aux chanoines du Grand Saint-Bernard (ancienne prévôté de Montjoux), qui y vivent.

 

L’histoire de ce petit prieuré prend une tournure décisive lorsqu’au milieu du XIIIème siècle, les prévôts du Montjoux, chefs de l’Ordre du Grand Saint-Bernard, décident de s’installer à Meillerie et d’en faire le centre de la prévôté, qui s’étend du Val d’Aoste au Pays de Vaud. Ces anciens prieurs de Meillerie, grâce à la dotation d’une famille seigneuriale mystérieuse, font entièrement reconstruire le prieuré dont nous conservons aujourd’hui la tour de défense, une partie de l’église et du bâtiment conventuel.

 

Durant un siècle et demi, Meillerie va accueillir les réunions des chanoines, mais aussi les archives et la bibliothèque de la prévôté. Le prieuré supplante complètement l’hospice situé en haut du col du Grand Saint-Bernard. D’autre part, la maison de Meillerie, qui est située au cœur d’un vaste territoire s’étirant du lac aux Mémises et de Torrent au Locum, possédait de nombreuses dépendances : des granges, des chalets, des maisons ; cette organisation agro-pastorale donnait à Meillerie des revenus très importants.

 

 

 

Mais au début du XVème siècle, les prévôts du Montjoux vont peu à peu délaisser Meillerie, située trop loin de Thonon et la cour des Ducs de Savoie. Ils font l’acquisition du Château de Rives, qui leur appartiendra jusqu’en 1752. Dés lors, le prieuré de Meillerie perd de l’importance, et la vie religieuse et intellectuelle n’est plus aussi brillante. Les XVIème et XVIIème siècles sont ponctués d’invasions (Evianais, Valaisans, Français), mais aussi de nombreux procès avec la ville d’Evian au sujet des bois de Bret. Une partie des bâtiments est endommagée.

 

Au début du XVIIIème siècle, le Prieuré de Meillerie connaît un renouveau : les prieurs qui se succèdent sont des hommes dynamiques qui font de très nombreuses restaurations. Sans leur action, le Prieuré ne serait sans doute plus qu’une ruine. Ces prieurs relancent également l’économie, en reconstruisant ou en agrandissant les dépendances réparties dans les montagnes (granges des Plagnes, des Reboux, de Lausennette, de Longvernay, de Thollon, ainsi que les chalets de Corniens, des Mémises et de Blanchard).

 

En 1752, la prévôté de Montjoux est démembrée : les possessions savoyardes du Grand Saint-Bernard comme Meillerie et Rives passent à l’Ordre des saints Maurice et Lazare, qui se saisit des bâtiments et de tous les biens des chanoines. A cette occasion, de nombreux inventaires sont réalisés, qui permettent de bien connaître la vie quotidienne des religieux au XVIIIème siècle. Ces derniers sont chassés, et on installe à leur place un curé, qui partage le prieuré avec les nouveaux fermiers.

 

A la Révolution française, les biens de Meillerie sont saisis, et une troupe française de grenadiers est même logée dans le prieuré, qui semble peu à peu tomber en ruine. Quelques particuliers de Meillerie achètent à l’état français les bâtiments du prieuré, pour ensuite l’offrir à la municipalité de Thollon (dont dépendait Meillerie à cette époque) dans le but de loger les religieux desservants Meillerie. L’état misérable du prieuré à cette époque (début du XIXème siècle) effraie les élus qui finissent cependant par accepter l’offre. Plus tard, en 1860, le prieuré sera cédé par la commune de Thollon à celle de Meillerie lors de leur séparation.

Pour accueillir tous les paroissiens dans l’église du prieuré, de nécessaires travaux d’agrandissement sont réalisés à partir de 1830 : le chœur de l’église du prieuré est agrandie par une nef plus large, tandis que la tour de défense est transformée en clocher. Enfin, les murailles qui fermaient le prieuré sont démolies, et l’aile nord du bâtiment conventuel détruite pour laisser de la place à cette large nef. Le prieuré fortifié du XIIIème siècle s’ouvre au village et à ses habitants pour devenir paroissiale.

 

                                                                                                                                                                                S.B.

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